Le français aux Jeux Olympiques d'Athènes 2004

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La "multilatéralisation" de la mission d'observation de la place du français aux Jeux olympiques, appelée de ses vœux par Bernard Cerquiglini, Grand témoin des Jeux de Nagano 1998, fut réalisée à l’occasion des Jeux olympiques d’Athènes 2004 pour lesquels Hervé Bourges assurait la mission Grand Témoin.

Une « portion congrue » pour le français

Comme à chaque édition des Jeux, l’ambassade de France en Grèce avait signé une convention avec le COJO des Jeux olympiques d’Athènes (ATHOC) « en vue d'établir un programme d’activités se rapportant à certains aspects de l’utilisation de la langue française à l'occasion de la préparation et du déroulement des Jeux olympiques d'été ».

Hervé Bourges

Malgré cela, « la place réelle du français a été réduite à la portion congrue lors des Jeux d’Athènes » témoignait M. Bourges. Dans son rapport à M. Abdou Diouf, Secrétaire général de l’OIF , Hervé Bourges faisait « un constat nuancé » : témoignant que « les Jeux olympiques constituent indéniablement, pour la langue française, une occasion unique de se faire entendre dans le monde entier et de se faire reconnaître comme une langue de communication internationale », il soulignait cependant que « la place du français a été constamment reconnue dans les discours officiels et dans la plupart des réalisations concrètes liées à l’organisation des épreuves. Mais sa légitimité comme langue de communication internationale était de moins en moins admise, et son maintien dans l’organisation des Jeux apparaissait comme une contrainte traditionnelle, non comme une nécessité pratique ».

Sans revenir sur le détail de ses constatations, résumons en précisant que l’ATHOC fut pourtant un Comité d’Organisation sensibilisé à la place du français. Sur les 45000 volontaires, 1200 étaient francophones et 400 pouvaient assurer l’interprétariat, 95% des textes et documents liés à l’organisation des Jeux étaient traduits dans les trois langues (anglais, français, grec), contre seulement 14% à Sydney en 2000.

Pour une « mobilisation générale »

Parmi les recommandations faites à l’OIF par Hervé Bourges : porter une attention particulière à la Charte graphique des Jeux (en particulier l’existence d’un logo générique en français), la conclusion d’un accord cadre de coopération entre l’OIF et le CIO, et des contacts rapprochés aux plus hauts niveaux des instances sportives internationales, y compris les COJO avec lesquels il conviendrait d’anticiper la signature d’accords relatifs à la mission du Grand Témoin. L’ancien président de France Télévisions insistait par ailleurs sur l’importance d’actions spécifiques auprès des médias, l’obtention d’un signal d’émission francophone, et la nécessité de « s’assurer de la présence d’un personnel francophone important, nommé aux différents postes clés du Comité d’Organisation des Jeux olympiques ».

Les États et les gouvernements francophones doivent être mis devant leurs responsabilités.

Selon Hervé Bourges, cette politique de rapprochement devrait également se manifester par la participation négociée de l’OIF, « à titre d’observateur et à travers le Grand témoin francophone désigné », à l’Assemblée générale des Comités nationaux olympiques (ACNO), ainsi qu’aux différentes Assemblées générales des autres entités sportives (Fédérations internationales). Enfin, conscient de la place désormais accordée aux Jeux paralympiques, le Grand Témoin préconisait de se rapprocher du Comité International Paralympique qui ne reconnait pour l’heure que l’anglais comme langue officielle.

En conclusion, Hervé Bourges déclarait : « La promotion du français au sein du mouvement sportif, et plus particulièrement du Mouvement olympique, nécessite un traitement différent de celui qui lui est réservé au sein des organisations internationales, comme l’ONU ou l’Union européenne (…) une stratégie à la fois offensive et réaliste [doit donc être] élaborée et menée à tous niveaux. Les États et les gouvernements francophones doivent être mis devant leurs responsabilités. Une mobilisation générale de toute la Communauté francophone doit être sollicitée, afin de relever le défi du plurilinguisme et de garantir une plus grande présence de la langue française sur la scène internationale ».

Découvrez le rapport du Grand témoin des Jeux Olympiques d'Athènes 2004 (H. Bourges).

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