L'élargissement de la cause olympique

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Le Comité international olympique a conscience de sa responsabilité sociale et environnementale et applique au Mouvement olympique le concept de développement durable.

Ministre norvégienne de l’environnement de 1974 à 1979, première femme premier ministre en Norvège en 1981, de 1986 à 1989 puis de 1990 à 1996, Gro Harlem Bruntland fut l'initiatrice du Pacte de Rio et du concept de développement durable soumis à l’Assemblée générale de l’ONU en 1987.

Suivant la définition du Rapport Bruntland, qu'elle présenta comme présidente de la Commission pour l’environnement des Nations Unies , le développement durable « permet aux générations présentes de satisfaire leurs besoins sans remettre en cause la capacité des générations futures à satisfaire les leurs ».

Inscrit dans l’air du temps, cette préoccupation, était en cohérence avec l’humanisme du Mouvement olympique.

Le Développement durable a connu son officialisation en 1992 avec l’adoption de l’Agenda 21 par 178 gouvernements réunis à Rio pour la Conférence sur l’environnement et le développement dite Conférence de la Terre. Ce texte, qui fixe les grandes lignes nécessaires au Développement durable, fut suivi par le Congrès Olympique du Centenaire du CIO, tenu à Paris en 1994.

A sa suite, le CIO créa une commission « Sport et environnement » et amenda la Charte olympique en intégrant à sa règle 2 sur le rôle du CIO un paragraphe précisant que « le CIO veille à ce que les Jeux olympiques se déroulent dans des conditions qui prennent en compte d’une manière responsable les problèmes d’environnement et encourage le Mouvement olympique à se préoccuper de ces problèmes, à traduire cette préoccupation dans toutes ses activités et à sensibiliser toutes les personnes qui lui sont liées à l’importance d’un développement durable ».

Cliquez pour consulter l'Agenda 21 du Mouvement olympique

Cette nouvelle dimension fut l’occasion de revendiquer une capacité d’action et d’influence sur la société civile, d’exprimer sa solidarité avec les préoccupations des États et organisations internationales et de participer aux programmes décidés par ces derniers. Cette initiative s’est concrétisée par l’adoption en juin 1999 d’un Agenda 21 du Mouvement olympique, qui invitait toutes les organisations internationales, régionales et locales, gouvernementales et non gouvernementales à publier leur propre Agenda.


Entériné par l’ensemble du Mouvement olympique lors de la troisième Conférence mondiale sur le sport et l’environnement tenue à Rio de Janeiro en octobre 1999, cet Agenda 21 du Mouvement olympique est porté par un adage simple : « des athlètes sains ont besoin d’un environnement sain ». Il sous-tend une politique visant à susciter, par l’action du Mouvement olympique lui-même ou par le soutien aux autorités, des normes particulières pour la qualité de l’air, de l’eau, de l’alimentation, et l’implantation d’espaces verts et d’installations sportives.

Améliorer les conditions socio-économiques

Le CIO compte agir dans les domaines socio-économiques « où son influence et son universalité lui permettent de jouer un rôle déterminant », et évoque sa « responsabilité sociale ». Dans l’Agenda 21, le Mouvement olympique annonce ainsi vouloir s’engager dans la lutte contre l'exclusion sociale, via la pratique du sport, puisqu’il « a démontré par son histoire qu'il a un rôle essentiel à [y] jouer ». Il préconise par ailleurs de bannir de la Famille Olympique « les organisations et individus qui, par des règlements, par leur action ou leur inaction » contribueraient à favoriser l'exclusion…

La protection de la santé fait naturellement partie de ce domaine d’action, en particulier par la lutte contre le dopage. L’Agenda déclare par ailleurs vouloir intégrer l'éducation à la santé à celle du sport, avec un champ pédagogique très large (aspects nutritionnels, sanitaires, lutte contre les MST, protection des groupes vulnérables…), coopérer aux programmes alimentaires, de vaccination, de distribution de médicaments ou ceux liés à la gestion et la potabilité de l’eau, et encourager les pratiques agricoles conformes au développement durable.

Intégrer l'éducation à la santé à celle du sport...

L’engagement du CIO dans la voie du développement durable et de l’humanisme passe également par une plus grande mobilisation autour de la protection des droits de l’homme, en particulier vis-à-vis des jeunes, des femmes (promotion de leur rôle, de leurs pratiques sportives, développement de l’éducation, aide à l’insertion professionnelle) et des populations autochtones (protection du patrimoine sportif traditionnel, développement de la pratique du sport moderne, valorisation de leurs connaissances en terme de gestion environnementale), « l’idée étant également de mobiliser cette population en faveur du sport, donc de l’Olympisme ». L’Agenda 21 prône ainsi la création de centres régionaux d'activités sportives servant également de centres éducatifs et l’aide aux moyens d'accompagnement social, telles que crèches ou garderies.

Le Mouvement olympique s'engage également à agir en faveur d’un changement dans les habitudes de consommation par des règlements, par l'éducation et par l'exemple, en particulier dans la réalisation d’équipements sportifs qui devront faire appel à des « matériaux non polluants, recyclés ou d'une fabrication économe en matière première et en énergie, des matériaux locaux traditionnels », la mise en place de « plans de réduction ou de maîtrise des dépenses énergétiques liées à la pratique du sport et à l'organisation des grandes manifestations sportives ».

Conservation et gestion des ressources pour un développement durable

Si l’Agenda 21 n’avait pas encore été adopté, les Jeux olympiques d’hiver de Lillehammer, tenus en 1994, furent réellement les premiers Jeux « verts » : gradins démontables, système de récupération de la chaleur, pompes thermiques permettant de chauffer des installations voisines non olympiques, utilisation de matériaux naturels, réinstallation des logements utilisés par la presse au nord du pays pour des mineurs, construction d’une patinoire sous la colline de Gjovick (avec notamment comme avantage l’absence de chauffage de maintenance, de nettoyage de vitres, de mégastructures porteuses, ou de nuisances paysagères).

En formalisant l'environnement comme troisième pilier de l'Olympisme, après le sport et la culture, l’Agenda 21 a fait prendre un véritable virage au Mouvement olympique.

Souhaitant contribuer à l’adoption d’un modèle viable d’habitat, le CIO émet des vœux particuliers quant aux normes des infrastructures sportives ou installations liées aux manifestations, ainsi qu’à leur utilisation. Devant s’insérer dans les milieux naturel et citadin, s’inscrire dans les politiques locales de logement et de transformation urbaine – avec une préoccupation particulière pour les défavorisés –, ces installations doivent maintenant utiliser des matériaux durables et des produits locaux, ou adopter une gestion tout aussi durable et renouvelable des ressources naturelles et de fonctionnement.

La conservation et la gestion des ressources, le respect et la protection de l’environnement apparurent également comme de nouvelles causes de l’Olympisme. Les installations temporaires ou définitives qu’elles soient directement sportives ou liées à une manifestation sportive (logements, centre de presse, voies de circulation, réseaux de communications…) furent les premières concernées par ces orientations, dans leur entretien, leur exploitation ou dans leur construction : restauration des sites accueillant des aménagements temporaires, diminution des impacts environnementaux et autres nuisances pour l’homme, création de nouvelles installations sportives uniquement en cas d’impossibilité d’exploiter des sites existants, mesures de compensation d’éventuelles transformations irréversibles de l’environnement, aménagements pour l’évacuation et le traitement des déchets, promotion de programmes communautaires de gestion et de recyclage de ce mêmes déchets, gestion des produits dangereux ou toxiques dont l’utilisation doit être restreinte, mais aussi assainissement de sites contaminés ou pollués situés en périphérie mais pas directement concernés par l’infrastructure en cause, préservation des ressources et de l'énergie…

La question des transports est cruciale pour l’organisation des Jeux olympiques et plus largement des grandes compétitions internationales. Elle l’est également d’un point de vue écologique et social : pollution de l'air, congestion des voies de circulation, consommation d'énergie, surfaces de roulement ou de stationnement utilisées sont autant de risques environnementaux, mais également d’enjeux urbains puisque ces rendez-vous sont une occasion pour les autorités publiques de réaliser des grands travaux d’infrastructure. Le CIO encourage désormais les projets de développement des transports publics ou l’utilisation de moyens de propulsion non polluants.

En termes environnementaux, la cause olympique s’étend à la préservation de la biosphère et au maintien de la biodiversité sur site et dans la région d’accueil en marquant une préoccupation neuve en matière de protection de l'air, du sol et des eaux. Ces dernières firent notamment l’objet de dispositions spécifiques : traitement des eaux usées engendrées par les activités sportives, approvisionnement en eau des zones mal desservies, protection des réserves hydriques, condamnation des pratiques susceptibles de contaminer les eaux, de surface ou souterraines. S’engageant à œuvrer pour la réduction des consommations d'énergie et à favoriser le développement et l’accès aux sources d’énergie renouvelable, le Mouvement olympique se positionna également de manière active contre la déforestation et en faveur de la conservation des terres.

Un Agenda 21 pour tout le Mouvement olympique

A travers l’Agenda 21, c’est à l’ensemble du Mouvement sportif que le CIO entend diffuser ses recommandations d’action dans le domaine socio-économique, ses préoccupations liées au développement durable, encourageant notamment la création de structures ad hoc au sein des institutions sportives. Manifestation de la conscience de son influence et de l’étendue de celle-ci, le CIO va même plus loin en impliquant l’industrie du sport qu’il incite à rechercher des certificats I.S.O, à définir et adopter des normes écologiques claires afin d’aider le consommateur à opter pour des produits respectueux de l'environnement.

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