Le CIO à l'ONU : La contribution du sport pour parvenir à l’égalité des sexes...

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En marge de la soixantième réunion de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW60) à New York, le CIO a organisé jeudi 17 mars, en collaboration avec ONU Femmes et le gouvernement du Brésil, un évènement intitulé « La contribution du sport pour parvenir à l’égalité des sexes et pour mettre fin aux violences à l'encontre des femmes et des jeunes filles dans le cadre de l’Agenda 2030 des Nations Unies ».

Trouver les solutions appropriées pour mettre fin à toutes les formes de discrimination à l'encontre des femmes

Sur la scène, face au public, se tenaient Nicole Hoevertsz, membre du CIO, Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice générale d’ONU Femmes, S.E.M Antonio de Aguiar Patriota, représentant permanent du Brésil auprès de l’ONU et président de la 60e session de la Commission de la condition de la femme, Heather Cameron, fondatrice et directrice générale de l’organisation non-gouvernementale « Boxgirls » qui utilise la boxe féminine comme catalyseur de changement social, Khalida Popal, l’ancienne capitaine de l’équipe féminine de football d’Afghanistan, et Maria Arago, directrice événementielle du club de football de Valence (Espagne), partenaire du programme ONU Femmes, dans une conférence-débat animée par la double championne olympique en natation, Donna de Varona.

Nicole Hovertsz, qui mène la délégation du CIO à la 60e session de la Commission de la condition de la femme, a tout d’abord pris la parole pour souligner que le thème de cet évènement reflétait : « le besoin pressant pour toutes les parties prenantes de travailler ensemble afin de trouver les solutions appropriées pour mettre fin à toutes les formes de discrimination à l'encontre des femmes, et spécialement le problème endémique de la violence et de toutes les formes d’abus ». À cet égard, elle a déclaré : « Éradiquer la violence contre les femmes et les jeunes filles nécessite d’éradiquer les comportements discriminatoires, la loi du silence. »

Le sport peut nous aider à tendre vers l’égalité des sexes dans les sociétés

En notant que le sport n’était pas à l’abri des comportements violents à l'encontre des femmes, pas plus que la vie à la maison, au travail, dans l’éducation, Nicole Hoevertsz a expliqué : « Le sport est un grand vecteur d’égalité. La race, les revenus, la classe sociale, la religion et autres facteurs qui peuvent devenir des outils de discrimination n’ont pas leur place sur le terrain de jeu ». Avant de détailler : « Le sport apporte la confiance et la capacité à prendre des décisions. Il encourage l’autodiscipline et offre un sentiment d’accomplissement. Il encourage les femmes à prendre le contrôle de leurs vies et de leurs corps. Il offre aux adolescentes le respect de soi et la possibilité de se lever pour leurs droits. Il offre une plateforme pour apprendre aux garçons et aux jeunes hommes à respecter les femmes ».

« Le sport peut nous aider à tendre vers l’égalité des sexes dans les sociétés, car il utilise son pouvoir pour unir les communautés, engager les jeunes, mobiliser les groupes les plus vulnérables, et créer des intérêts communs. Pour toutes ces raisons, la reconnaissance par les Nations Unies de l’importance du sport en tant que vecteur d’un mode de vie sain et de l’intégration éducative et sociale est une étape capitale pour le CIO et tout le mouvement sportif ».

L’Ambassadeur brésilien Antonio de Aguiar Patriota a pour sa part évoqué l’évolution des femmes brésiliennes aux Jeux Olympiques et a insisté sur l’héritage qu’a laissé la Coupe du monde de football en 2014; notamment le combat mené s'agissant du tourisme et de l’exploitation sexuelle. Il a souligné les efforts de son gouvernement pour promouvoir les femmes et les athlètes en particulier. Il a parlé d’engager les hommes dans son combat et de changer les mentalités pour assurer un héritage des Jeux.

Heather Cameron, qui parcourt le monde avec son association « BoxGirls », laquelle œuvre pour l’éducation et les droits des femmes, mène des projets pour aider les filles réfugiées en Allemagne, construit des écoles de filles dans les bidonvilles du Cap en Afrique du Sud, a insisté sur l’importance de bien éduquer les différentes communautés.

L’émouvante histoire de Khalida Popal

Kahlida Popal a ému toute l’assistance en racontant son histoire, celle d’une jeune fille qui voulait jouer au football en Afghanistan, son combat incessant et le douloureux choix de l’exil qu’elle a dû faire en fin de compte. « En 2004, quand j’ai commencé le football, j’étais la première femme en Afghanistan à pratiquer ce sport. Dans mon pays, dominé par les hommes qui prennent toutes les décisions, c’est si difficile pour une femme de défendre ses droits et de faire entendre sa voix. Il n’existe pas de culture du sport en Afghanistan, particulièrement pour les femmes. Nous avons commencé à jouer pour nous amuser, ma mère était mon instructrice, elle m’a toujours encouragée pour que je mène une vie saine ».

La directrice générale de l’ONU Femmes Phumzile Mlambo-Ngcuka a apporté sa conclusion. « Ici, nous avons vraiment parlé de choses qui renforcent les femmes. Il s’agit d’actions positives, de résilience, et c’est la raison pour laquelle le sport est si important. Le travail que nous accomplissons pour les femmes et les filles porte essentiellement sur ce contre quoi elles se battent. Le sport donne l’opportunité aux filles et aux femmes de se mettre en lumière de la façon la plus positive. Il démontre leur force et leur capacité à devenir des gagnantes. Mais le sport est également important dans notre société car il nous apporte les compétences que l’on pourra utiliser dans le travail et la vie », a-t-elle dit.

« Le sport nous a donné l’occasion de nouer des partenariats excitants », a-t-elle ajouté. « A cette table, il y a nos partenaires : le Brésil, en tant que pays, l’est pour nous et pour le CIO, et ensemble, nous avons l’intention d’impacter les filles et les garçons de la communauté de Rio à travers le sport, et d’aborder tous les problèmes, de l’autonomisation des femmes à l’estime de soi, et bien sûr à tous les aspects du jeu. Ce sera l’héritage que nous laisserons pour ces gens et ces communautés. »

Le sport est magique, et l’ONU Femmes veut faire partie de cette magie.
Phumzile Mlambo-Ngcuka

C’est désormais une tradition pour le CIO et l’ONU Femmes d’organiser un évènement conjoint en marge de la Commission sur la Condition de la Femme au mois de mars. L’année dernière, l’évènement s’est tenu durant la période où les Etats Membres étaient en pourparlers pour déterminer le programme de développement pour l’après-2015. Cela a ainsi offert une occasion unique au CIO d’élargir le rôle du sport qui est désormais inscrit comme un vecteur important pour le développement individuel et social dans le monde entier.

Dans le cadre de la 60e session de la Commission de la condition de la femme à New York (« CSW60 »), et au lendemain de l’évènement parallèle co-organisé par le CIO avec le gouvernement brésilien et ONU Femmes, qu’elle a animé sur le thème « La contribution du sport pour parvenir à l’égalité des sexes et pour mettre fin aux violences envers les femmes et les jeunes filles dans le cadre de l’Agenda 2030 des Nations Unies », Nicole Hoevertsz s’est adressée aux participants de cette commission.

Membre du CIO depuis 2006 et ancienne athlète olympique des Antilles Néerlandaises en natation synchronisée, Nicole Hoevertsz représente le Comité International Olympique (CIO) devant les Nations Unies (ONU) et dirige la délégation participant à la CSW60, un évènement majeur consacré cette année à « l’autonomisation de la femme en lien avec le développement durable », et réunissant plus de 5 000 participants du monde entier, gouvernements, organisations nationales et internationales, qui rencontre un grand succès et suscite un important engouement dans la ville siège de l’ONU.

Les engagements de l’Agenda 2020 du CIO

Nicole Hoevertsz a tout d’abord noté que le CSW60 se tient quelques mois seulement après l’adoption de l’Agenda 2030 des Nations Unies, qui réaffirme l’importance du sport comme un vecteur essentiel du développement durable et reconnaît sa contribution à l’émancipation des femmes et à la responsabilisation des jeunes et des communautés. Le CIO « ne fait pas que l’accompagner activement mais il le soutient de tout son cœur ». Elle a souligné que les buts de cet agenda mondial « ne seront jamais atteints si les femmes et les jeunes filles sont laissées sur le bord du chemin », ajoutant « Le CIO croit fermement que sans les efforts concertés et résolus des principaux acteurs, notre campagne pour le monde parfaitement paritaire dont nous rêvons sera un échec ».

En mettant en parallèle les buts de l’Agenda 2030 de l’ONU et ceux de l’Agenda 2020 du CIO, Nicole Hoevertsz a précisé certains des points clés de ce dernier, et notamment « encourager et soutenir la promotion des femmes dans le sport, à tous les niveaux, sur la base du principe de l’égalité des sexes ». Elle a ainsi expliqué qu’il renfermait « l’engagement du CIO à travailler avec les Fédérations Internationales pour parvenir à une participation des femmes à 50% aux Jeux Olympiques et à stimuler leur engagement dans le sport en créant plus d’opportunités d’accéder aux Jeux ».

Participation équivalente hommes-femmes aux JOJ d’été de Buenos Aires 2018

Nicole Hoevertsz a souligné que le programme des Jeux Olympiques de la Jeunesse d’été 2018 à Buenos Aires mis en œuvre par le CIO verrait pour la première fois un nombre identique de garçons et de filles en compétition.
Mais il reste encore beaucoup d’actions à mener. « Tout en reconnaissant les progrès accomplis, le CIO admet tout à fait que la parité aux Jeux n’est pas suffisante. Nous devons nous investir pour assurer la présence de plus de femmes dans les organes dirigeants du sport. Ce monde, comme d’autres secteurs, devra redoubler d’efforts pour s’attaquer aux inégalités et autres formes de discrimination ».

Comme l’a expliqué Nicole Hoevertsz, le CIO a formé des centaines de femmes sur les cinq continents pour leur apporter des compétences dans le domaine du leadership, et la capacité à identifier et à démanteler les zones de discrimination. Il a créé un programme de mentorat avec des championnes emblématiques et des administratrices sportives, invité des jeunes femmes athlètes à participer à des sessions destinées à la jeunesse lors des conférences mondiales du CIO, et il veille à ce que les nouveaux programmes de sensibilisation à l'échelle mondiale ciblent aussi bien les hommes que les femmes.

Éradiquer toutes les formes de violence

« Le sport a également un rôle capital dans les efforts vitaux faits pour éliminer et prévenir la violence envers les femmes et les jeunes filles. Le sport et ses valeurs sont des outils précieux pour aborder et améliorer l’estime de soi, la maîtrise de son corps, le leadership et l’affirmation de soi », a dit Nicole Hoevertsz avant de citer l’exemple d’initiatives prises par le CIO en Ouganda, mais aussi au Panama, au Vénézuela et au Kenya pour encourager le sport par équipes et la coopération, notamment à travers l’organisation de sessions d’information décourageant la violence discriminatoire ou sexuelle.

Elle a aussi évoqué un programme mis sur pied dans l’État de Rio pour 2 500 filles âgées de 12 à 14 ans dans 50 écoles, « pour développer leur compétences en leadership, pour améliorer leur capacité à influer sur les décisions qui concernent leur vie en diffusant des messages pour la non-discrimination, la non-violence, l’autonomisation des filles et la mise en avant de comportements masculins positifs ». Un programme pilote destiné à être développé au plan national puis international.

« Le sport peut aider à briser les barrières et à défier les normes sexospécifiques, pas seulement sur l’aire de compétition, mais aussi sur le lieu de travail, à la maison, à l’école et dans les autres aspects de la vie en société. Le CIO s’engage dans cet effort et va continuer à travailler dans le monde du sport et avec des partenaires à l’extérieur, pour promouvoir la cause de l’égalité des sexes et éliminer la violence, le harcèlement et les abus sexuels », a conclu Nicole Hoevertsz.

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