Joël Bouzou : "Nous sommes crédibles"

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Le 22 octobre 2015, Joël Bouzou a été réélu à la présidence de l’Association mondiale des Olympiens pour un deuxième mandat de 4 ans. Cette élection est intervenue au cours d’un mois intense pour Joël Bouzou, également président de Peace and Sport, avec donc l'Assemblée générale de l'association, le Sportel et le premier Forum mondial des Olympiens. Interview…

Comment se sont passés le Forum mondial et l'Assemblée générale de l'Association mondiale des Olympiens ?

L’Assemblée générale élective a relevé du domaine politique, avec des rapports sur les activités de ces 4 dernières années, l’élection d’un nouveau board, des modifications constitutionnelles, la concertation autour des axes du mandat... Celui-ci sera marqué par une intensification des relations de travail avec le CIO, avec lequel nous travaillons main dans la main. Ce partenariat a été un travail de 4 ans. L’organisation était déconsidérée, elle est aujourd’hui devenue une ressource pour le CIO. Cela permet de décliner le service 365 jours sur 365… et pas seulement le service aux Olympiens mais aussi celui à la société par les Olympiens.

Le Forum, c’est vraiment le contenu : que doit-on partager, élaborer en matière de savoir, comment le diffuser ? Il s'est plus particulièrement intéressé cette année au centre des Olympiens et à l'après-carrière. La commission des athlètes du CIO y travaille aussi, mais nous pouvons le faire de façon plus large et inscrite dans le temps.

J'ai par ailleurs signé, avec Albert II, Prince de Monaco, et cinq champions olympique d’autant de continents différents (le Japonais Koji Murofushi, le Marocain Hicham El Guerrouj, la Russe Anastasia Davidova, l’Australienne Michelle Ford-Eriksson et l’Américain Willie Banks), une déclaration, qui a reçu l’approbation du CIO et va positionner les Olympiens comme une partie importante de la famille olympique.

Quels seront les principaux axes de travail de votre nouveau mandat ?

Le service à la société par des Olympiens sera une de nos priorités. Comment être un exemple pour que les jeunes restent en bonne santé par l’activité physique ? Comment véhiculer la neutralité du sport comme outil de dialogue social ? Comment faire vivre la neutralité du sport comme outil de dialogue social ? Comment faire l’inventaire des besoins, faire connaître à d’autres ce qui marche ?

Concernant le centre des Olympiens, nous avions créé une rapide ébauche pour Londres, c’était important, puis nous avons été performants à Sotchi. Nous sommes déjà prêts pour Rio mais nous devons continuer à l'améliorer. Il doit être interactif, devenir un centre de partage des athlètes entre eux et avec le CIO. Ainsi, et c'était important, pour la première fois à Rio, les Olympiens pourront s’y rendre directement à travers le système de transport puisqu'il est désormais intégré au plan de circulation des Jeux Olympiques.

Par ailleurs, beaucoup a été fait sur la recherche de la performance, les techniques d’optimisation, de préparation, etc., mais très peu sur le maintien de la santé après la performance. On ne vit pas de la même façon son après-carrière sportive quand on a été haltérophile ou marathonien. Il y a des stratégies différentes qui permettent de rester en bonne santé. La mise en place d'un processus scientifique permettant de faire des recommandations intéresse au final la société toute entière. C’est le concept de santé permanente, que l’on ait été champion ou pas, auquel nous souhaitons contribuer.

Avez-vous préparé ce scrutin à la présidence de l'association ou bien votre bilan vous suffisait-il?

J’ai bien préparé cette réélection. Les rapports moraux sont parfaitement articulés les uns avec les autres, les audits sont cleans. Dans le passé, il n’y en avait pas ! Il nous faut être au carré et c’est encore plus vrai aujourd’hui dans le cadre de notre partenariat avec le CIO. La bonne gestion est d'abord un outil pour atteindre les objectifs. Elle fait partie de mon mandat, c'est normal. Je me suis donc plus focalisé sur notre orientation. Où en sont les Olympiens aujourd’hui, dans la société, par rapport au CIO ? Quels sont les enjeux ? Comment y répondre ? Comment nous organiser, optimiser nos moyens ? Ce sont ces sujets qui sont vraiment intéressants pour avancer.

Vous évoquez les rapports moraux, quel bilan tirez-vous de ces quatre ans de mandat ?

D’abord, une belle équipe, qui travaille dans l’unité, et de très bons résultats. On partait de tellement loin qu’il n’était pas trop difficile de les obtenir ceci dit. C’est maintenant que cela devient plus compliqué. Nous sommes plus regardés, nous sommes devenus un enjeu. Nous devons travailler en partenariat de proximité avec de grandes institutions tout en restant indépendants, ce qui n’est pas toujours simple.

D'un point de vue opérationnel, nous faisions très peu d'actions, nous ne contrôlions pas notre communication, nous avions des fonds gelés, pas d’audit. Nous avons d'abord récupéré nos outils et nous avons reconstruit et avancé, avec le centre des athlètes par exemple. Nous avons par ailleurs créé une commission médicale, présidée par Patrick Chamasch et composée d’autres experts tout à fait performants. C'était important. Nous avons aussi monté une campagne contre le virus ebola en supportant les Olympiens de Sierra Leone, particulièrement actifs à cette occasion. On a fait notre part, pour une cause mondiale dans un pays en difficulté, et c’est une grande satisfaction. En tant que citoyens, nous avons agis, unis pour participer au règlement du problème, parmi tous les acteurs concernés. Cela a permis de mobiliser les troupes, de montrer que beaucoup de choses sont possibles.

Et par rapport au CIO ?

Nous sommes devenus un partenaire crédible du CIO. Dans la représentation, la nouvelle constitution permet de faire rentrer au sein du board 5 personnes choisies par le président du CIO avec l’approbation du président des Olympiens. Le centre de gravité de l’indépendance reste au niveau des élus de l’organisation, mais cette interpénétration du CIO nous permet de travailler en phase. Par ailleurs, trois représentants de l'association vont intégrer les services du CIO en janvier, ce qui nous offrira des passerelles avec tous les services du CIO, pour plus d'efficacité et de transparence. Nous avons aussi participé aux réflexions autour de l’Agenda 2020 et allons travailler à sa mise en place.

Pas à pas, nous avançons. Les Olympiens doivent être un investissement pour la société. Ils doivent aussi comprendre qu’ils ne méritent d’être soutenus que s’ils peuvent renvoyer l’ascenseur un jour. Un Olympien pour soi-même à quoi ça rime ? Par contre, un Olympien qui devient un modèle pour les jeunes, c’est différent, ça a du sens, car chaque jeune a le droit d’avoir un modèle qui soit un Olympien. Cela justifie aussi l’investissement sur les Olympiens, afin d’attirer plus de jeunes au sport.

Le Sportel s'est tenu du 12 au 15 octobre à Monaco, qu'avez-vous pensé de cette édition 2015 ?

J’ai participé à la soirée des Awards et trouvé que les images étaient superbes. Cela marquait une vraie progression par rapport à ce qui était présenté précédemment. Cela a été un beau succès, très intéressant, sur tous les facettes du sport, le spectacle, l’humour, l’éducation… Il y avait beaucoup de monde. Cela reste encore un peu trop francophile à mon goût. Plus d’universalité permettrait encore d’évoluer, mais je sais qu’ils y travaillent.

Bien sûr, il y avait un Trophée Peace and Sport, remis à un film qui relate le parcours de surfeuses, deux championnes iraniennes, de plongeon et de snowboard iraniennes, et une Irlandaise qui débutent ensemble le surf, arrivent à attirer des hommes à ce sport et, au final, à créer un mélange de cultures apaisé dans une région qui n’a pas l’habitude de ce genre d’intégration culturelle. C’était très intéressant, très bien accepté par le public Sportel. Ce public change également. Il sort du diptyque TV/Sport en intégrant la dimension sociétale.


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